ENTRETIEN AVEC GREG IBEKNOUSSEN

Bonjour,

Fitnessement-Femme a rencontré Greg Ibeknoussen, coach, sportif professionnel, triathlète et entraineur RPM France pour LesMilles.

 

Voici la vidéo de l’interview :

 


Voici la retranscription texte de cet entretien : 

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Julie Fitnessement-Femme : Bonjour Greg Ibeknousen

Greg Ibeknousen : Bonjour

JFF : Tu vas nous présenter un petit peu ton activité, ton passé de sportif, ta carrière actuelle, nous parler un peu de toi et de l’entraînement professionnel et amateur pour les femmes. On va parler RPM féminin et entrainement féminin

Greg Ibeknousen : Avec plaisir !

JFF : Quel est ton parcours de sportif personnel et professionnel ?

 

0’34’’

Greg Ibeknousen : J’ai commencé le sport à l’âge de 6 ans avec le judo pendant 1 an. Ensuite j’ai fait du Football. A la suite de ça je me suis lancé plutôt vers le sport individuel comme la course à pied au début et ensuite j’ai terminé avec le triathlon que je pratique encore aujourd’hui

JFF : Donc en amateur toujours ?

Greg Ibeknousen : C’est une passion juste pour moi

JFF : Et après, tes études t’ont menées au sport ?

Greg Ibeknousen : Mes études m’ont menées au sport professionnel. J’ai passé mon diplôme de coach en 2001, que j’exerce encore depuis presque 15 ans. A la suite de ça, j’ai commencé à faire de la formation pour les coachs comme les Milles en particulier et j’étais manager d’un club de sport, le CMG sur Paris

JFF : Tu es également responsable du programme France RPM pour les Milles ?

 

0’34’’

Responsable programme RPM France pour les Milles

Greg Ibeknousen : Depuis 3 ans

JFF : Comment tu es arrivé à avoir ce poste unique en France ?

Greg Ibeknousen : J’ai commencé par être coach en salle. Ensuite j’ai passé les Milles pour passer formateur et ensuite, avec de l’expérience, on m’a donné en charge le programme. Ça fait maintenant 3 ans

JFF : Comment cela se passe ? On te forme ?

Greg Ibeknousen : En fait le cursus c’est : au début on part par ce qu’on appelle une formation initiale pour valider la certification et avoir le droit d’enseigner en RPM. Ensuite on a ce qu’on appelle des modules avancés. On cherche à se perfectionner dans le programme

 

02’29’’

Des modules avancés pour se perfectionner dans le programme

Greg Ibeknousen : À la suite de cela, il y a différents résultats possibles. A partir du moment où on valide un niveau Elite, on est appelé sur une sélection pour passer en tant que formateur

JFF : Tu fais cela depuis combien de temps ?

Greg Ibeknousen : Depuis 15 ans

JFF : Donc tu as du voir un évolution du marché ?

Greg Ibeknousen : Enorme ! La grosse tendance lorsque j’ai commencé c’était beaucoup les cours Freestyle, danse, step, Lia. De nos jours, ce qui marche vraiment c’est le côté entrainement comme le RPM, comme le TRX comme le Cross fit. On est beaucoup plus sur une notion d’entrainement

JFF : Personnalisé. Les gens veulent quelques chose plus facile et personnalisé ?

Greg Ibeknousen : Plus facile, plus ludique et on a des résultats

JFF : Ce n’est plus du tout la même configuration qu’avant ?

Greg Ibeknousen : Non !

 

03’14’’

en quoi consiste le coaching particulier

Greg Ibeknousen : J’ai des rendez-vous avec les gens à domicile et je suis des gens plutôt en ligne parce que j’ai du mal à les voir au quotidien. Des gens qui n’ont pas spécialement besoin de moi au quotidien et qui préparent des compétitions. Je les vois 1 fois par mois. Je les suis grâce à des applications comme Polar. J’ai toutes leurs données d’entrainement

JFF : Donc tu peux entraîner quelqu’un qui se trouve assez loin géographiquement finalement ?

Greg Ibeknousen : Oui

JFF : Est ce que tu prends des débutants et tu les montes à un bon niveau ?

Greg Ibeknousen : Oui je prends des débutants. J’ai beaucoup de débutants. Toutes les personnes que j’ai eues, pratiquement, étaient des débutants. Souvent elles avaient un rêve qui était de faire un marathon et qui avaient très peu couru. Pour elles c’était un objectif

04’48’’

Une carrière des ambitions

JFF : Parles-nous de ta carrière. Tu nous as parlé de coaching ? Quelles étaient tes ambitions de carrière lorsque tu as commencé ce coaching, ce que tu as réalisé et quelles sont tes ambitions à venir ?

Greg Ibeknousen : J’ai commencé en 2001 et c’est vrai que quand j’ai commencé je savais assez rapidement ou je voulais arriver. Déjà je voulais donner des cours collectifs. C’est quelques chose qui me plaisait, il a avait un rapport entre le sport et la musique que je trouvais super intéressant. Je voulais coacher des gens. Essayer d’emmener des gens à des objectifs. J’avais envie de faire de la formation pour les coachs et j’en fais depuis 10 ans. Le but ultime, car c’est vrai que ce n’est pas un métier qu’on peut faire jusqu’à 60 ans car c’est assez fatiguant, c’était d’ouvrir mon club, ce que je vais faire en 2017

05’18

Greg ouvre son propre studio

JFF : Qu’est ce que tu vas faire dans ton club ?

Greg Ibeknousen : Ça va être à Nice, pas à Paris, une sorte de studio d’entraînement, ce que l’on appelle maintenant une boutique Gym qui est spécialise dans une ou deux discipline. En fait la grosse discipline ce sera le vélo avec un beau studio vélo, un beau studio d’entraînement plutôt fonctionnel avec le TRX

JFF : Tu vas t’encadrer d’autres professionnels ?

Greg Ibeknousen : Oui. Je vais avoir surement Erwan Manthéour aussi, ma femme, qui fait la même chose que moi, et mon associé qui est dans le sport et qui va s’occuper de la partie gestion

JFF : C’est un club plus modeste mais où la relation cliente est forte ?

Greg Ibeknousen : Plus petit et on est vraiment basé sur la relation client et du premium en terme de service

JFF : Nice est un marché en devenir ?

Greg Ibeknousen : Oui. C’était le rêve de ma vie de vivre à Nice, j’adore cette ville. Il y a un gros marché, c’est une belle ville, une vile qui est en pleine expansion. Le sport marche beaucoup là-bas. Je pense que c’est là-bas qu’il faut être

JFF : RPM en salle ?

Greg Ibeknousen : RPM en salle. Le sprint aussi qui est un autre programme des Milles de vélo qui est de haute intensité et plus court. Des cours de vélo Freestyle où le coach choisira sa musique et son entraînement et, en plus, toute la partie entrainement fonctionnel

JFF : Et parallèlement tu vas continuer la formation de coachs ? Tu continues cette aventure là ?

Greg Ibeknousen : Oui c’est quelque chose qui me tient à cœur. Je pense que j’ai encore des choses à apprendre

JFF : Tu as encore des choses à transmettre, il y a de la demande ?

 

07’13

Comment se déroule la formation des coachs ?

Greg Ibeknousen : La formation, c’est quasiment tous les week end

JFF : C’est un coach qui vient s’inscrire ?

Greg Ibeknousen : Ce sont les clubs qui demandes à les Milles de former des coachs sur des programmes et les Milles les envoient en formation

JFF : Les gens repartent avec un programme ?

Greg Ibeknousen : Les gens repartent formés, avec leur certification et ensuite peuvent enseigner dans les clubs

 

07’39’’

Le coaching au féminin

JFF : C’est intéressant. Ta femme fait la même chose que toi, donc tu t’y connais en coaching féminin ? En quoi consiste le coaching de la personne, avant de parler féminin, de l’individu ?

Greg Ibeknousen : Le coaching de la personne, c’est aider cette personne à atteindre ses objectifs. N’importe lesquels. Très souvent c’est physique, esthétique, ça peut être pour une compétition ou ça peut être tout simplement pour se sentir bien dans sa vie de tous les jours.

JFF : Quel est l’âge des personnes que tu coaches ? Est ce que tu vois plus de jeunes, plus de middle age ?

Greg Ibeknousen : Je suis plus entre 35 ans et 50 ans, pour ma part

JFF : Ce sont des gens déjà sportifs que tu as ?

Greg Ibeknousen : Qui pratiquent assez régulièrement, mais souvent des débutants aussi qui ont besoin de quelqu’un pour les aider

JFF : Et les coaching féminin ? Est-ce qu’il y a une demande particulière des femmes ?

Greg Ibeknousen : Plus, plus que les hommes !

JFF : Elles aiment plus le coaching ?

Greg Ibeknousen : Elles aiment plus je sais pas. En fait, je pense qu’elles ont plus besoin d’être encadrées qu’un homme. Un homme, il va voir une salle de musculation, ça va lui suffire. La femme a besoin beaucoup plus d’être encadrée, d’être conseillée, d’être rassurée. Faire de la musculation pour une femme, encore aujourd’hui, c’est prendre du muscle, souvent ce qu’elles ne veulent pas. Donc elles ont besoin vraiment qu’on les aide, qu’on les aiguille

JFF : Pour les rassurer, ne pas faire d’erreur dans les mauvais choix. Est ce que l’idée de la blessure est évoquée par les femmes ?

Greg Ibeknousen : Non

JFF : Elles n’ont pas peur de se faire mal en se lançant dans des activités musculaires ?

Greg Ibeknousen : Non, elles ont surtout peur de prendre du poids dans les activités musculaires

JFF : De devenir forte ?

Greg Ibeknousen : Oui. Elles ne veulent pas

JFF : Pourtant les sports qui rendent très musclée sont à la mode ? Je pense au cross fit

Greg Ibeknousen : Le cross fit oui. Mais est ce que c’est l’idéal féminin en général ? Je ne pense pas. Avant d’arriver à des résultats comme les femmes qui font du cross fit, ça demande beaucoup de travail, beaucoup d’années. Enfin, on ne devient pas comme cela physiquement en deux semaines

JFF : Donc, en fait ce que cherchent les femmes c’est à se muscler mais finement. Rester fines mais musclées. Est ce que tu les encadrent au quotidien dans des conseils d’alimentation, d’hygiène de vie pour accompagner ?

Greg Ibeknousen : Oui. En terme d’hygiène de vie, les femmes savent faire. On mange de mieux en mieux. C’est surtout dans le conseil de l’entrainement où elles vont vraiment avoir besoin. Par exemple, le travail de force en musculation est primordial. Si elles veulent se muscler, il faut faire de la musculation. Par contre, il faut que ce soit bien fait. On était encore dans des principes où, pour ne pas prendre de muscles, il faut travailler avec des charges légères longtemps, alors que c’est l’inverse qu’il faut faire. Il faut travailler lourd et court et répété. C’est plus une partie, les éduquer en fait. Comment bien s’entrainer pour avoir les résultats

JFF : Les aider sur une longue période ou beaucoup vont rapidement être autonomes et continuer seules ?

Greg Ibeknousen : Les deux. Il y a des gens que j’entraine depuis 10 ans. J’ai des gens que je vois 3 mois et sont tout à fait autonomes et peuvent s’entrainer tout seul. J’ai vraiment les deux cas

JFF : Quand tu rencontres ces clients, tu as un site ?

Greg Ibeknousen : Non

JFF : C’est du bouche à oreille ?

Greg Ibeknousen : Pour moi, la meilleure publicité, c’est les gens qui la font, c’est le bouche à oreille. Je ne pense pas que le site internet pour un coach soit vendeur. Il y en a tellement avec les réseaux sociaux ! Ce métier c’est vraiment une tendance actuelle, tout le monde veut être coach

JFF : Ok. Alors moi si je veux que tu me coaches par exemple, je te contacte et physiquement où est ce que cela va se passer ? On se donne rendez-vous dans une salle ?

Greg Ibeknousen : Ça peut être à domicile, dans une salle, ça peut être à l’extérieur. On peut s’entrainer partout

JFF : On peut s’entrainer même en forêt j’imagine, on peut s’entrainer partout ?

Greg Ibeknousen : La majorité des cas que j’ai, je les entraine à l’extérieur

JFF : Et concernant ce public féminin, est-ce que tu vois des contraintes ? Tu m’as parlé de ne pas vouloir être trop musclé, mais est ce que tu vois des contraintes typiquement féminines ?

Greg Ibeknousen : Ça peut être la vie familiale. Souvent elles sont mariées, elles ont des enfants, un travail prenant. Il faut trouver le créneau idéal pour la personne et faire en sorte que la séance soit bénéfique. Pas plus de fatigue, pas plus de stress. Le but d’une séance de coaching c’est que lorsque la personne sort, elle se sente bien

JFF : Combien de séances par semaines tu conseilles pour ses sentir bien pour une femme ?

Greg Ibeknousen : L’idéal c’est 3

JFF : 3 par semaine ?

Greg Ibeknousen : Pour moi il y a trois choses importantes dans l’entrainement. Pour que la personne se sente bien, c’est : un travail de force, un travail cardio et un travail de mobilité (du stretch comme le yoga). Du coup on va faire ces trois activité là 3 fois par semaine, 1 de chaque

JFF : Donc 1 jour sur 2 ?

Greg Ibeknousen : 1 jour sur 2

JFF : Tu dis qu’elles ont des contraintes horaires. Donc ça va être tôt le matin ou tard le soir ?

Greg Ibeknousen : Ça va être tôt le matin, soit sur la pause déjeuner, plutôt le soir vers 20h

JFF : Et sur leurs lieux de travail, ça peut arriver ?

Greg Ibeknousen : Ça ne m’est jamais arrivé, mais ça peut arriver. Ma femme justement coache sur le lieu de travail

JFF : Les employeurs sont d’accord ?

Greg Ibeknousen : Oui, justement, souvent c’est l’employeur qui met cela en place. Par exemple, le Figaro, où elle travaille, qui bloque 3 créneaux par semaine pour ses employés. De plus en plus de sociétés font ça

JFF : Le bien être des employés… Est ce que vous coacher des couples parfois ?

Greg Ibeknousen : Non. Moi ca ne m’est jamais arrivé. Souvent pour les personnes c’est un moment pour eux. Justement, c’est leur petit moment à eux, personnel, elles ont envie de se retrouver seules

JFF : La demande de la femme et de l’homme n’est pas tout à fait la même

Greg Ibeknousen : Elle est totalement différente. C’est souvent pas du tout la même demande. L’homme veut devenir plus musclé, plus fort, alors que la femme c’est souvent plus fine, améliorer son souffler souvent. L’homme n’est pas à la recherche de ça encore, c’est surtout l’aspect esthétique

JFF : C’est pas les mêmes demandes ?

Greg Ibeknousen : Non, pas du tout

JFF : C’est vraiment marqué ?

Greg Ibeknousen : Oui. La femme est vraiment basée sur un bien être. L’aspect physique va être important, mais elle veut se sentir bien et se sentir en forme dans son quotidien surtout

JFF : Quel matériel tu recommandes quand tu fais du coaching à domicile ?

Greg Ibeknousen : Un TRX. Qui est pour moi l’outil indispensable. Swiss ball pour travailler tout ce qui est gainage. Et après ce qui peut être intéressant, c’est le kettelbell

JFF : Alors dis-nous ce que c’est ?

Greg Ibeknousen : Le kettelbell, c’est un poids en fonte avec une poignée. Et on peut faire une multitude d’exercices avec ça

JFF : Oui, on l’a bien en main

Greg Ibeknousen : C’est simple. C’est facile et c’est vachement efficace

JFF : Donc tu recommandes à tes clientes de s’équiper pour le coaching. Tu arrives avec de l’équipement également ?

Greg Ibeknousen : Oui forcément j’arrive avec mon TRX, même avec des élastiques. Juste déjà avec les poids du corps on peut faire énormément de choses

JFF : Combien dure une séance ?

Greg Ibeknousen : 1 heure

JFF : En 1 heure on a le temps de travailler tout le corps ?

Greg Ibeknousen : Oui. 10 minutes de mise en route. Après on a souvent un programme qui va durer entre 40 et 50 minutes, 5 minutes de retour au calme. En 1 heure on peut vraiment bien s’entrainer

JFF : Les hommes, pareil, 1 heure 3 fois par semaine même rythme ?

Greg Ibeknousen : Pareil

JFF : Est ce que tu peux nous parle maintenant du métier de formateur d’autres profs ?

 

16’19’’

Le métier de formateur de profs

JFF : Ce n’est pas la même clientèle évidemment ?

Greg Ibeknousen : Ce sont des coachs. Des coachs déjà en place, soit des futurs coachs qui démarrent dans le métier. Le métier c’est déjà de les former spécifiquement sur un cours qu’ils vont donner. Pour ma part. je vais les former par exemple en RPM. 2 jours de formation tournée uniquement autour du RPM. On va leur apprendre les bases du programme, comment apprendre l’entrainement, comment avoir une bonne technique, comment enseigner, comment se connecter aux gens pendant le cours

JFF : Quand tu as un groupe, le groupe est hétérogène ou tout le monde a à peut prêt le même niveau ?

Greg Ibeknousen : Non !

JFF : Comment tu les différencies ?

Greg Ibeknousen : En fait, de plus en plus il y a des jeunes qui viennent d’avoir leur diplôme, donc qui n’ont aucune expérience avec des gens qui peuvent avoir 15 ans d’expérience

JFF : Mais tu fait une expérience de groupe. Tu fais l’a même chose ?

Greg Ibeknousen : Oui, c’est une expérience de groupe

JFF : Qu’est ce qui en ressort en final ? Ils repartent avec leur propre expérience ?

Greg Ibeknousen : Ils ont des passages en situation sur les deux jours. Ils passeront entre 3 et 4 fois. A la suite cela, il y a un retour qui leur est fait, personnel, un plan d’actions sur lequel ils peuvent retravailler, et il repartent, si ils valides, par rapport à des critères, avec leur certification ou pas. S’ils ont doit d’enseigner ou pas en cours le programme

JFF : Ensuite, ils reviennent ?

Greg Ibeknousen : Ensuite, ils reviennent. Un cursus de formation se fait quasiment sur 1 an. Donc on va avoir la formation initiale qui est sur 2 jours, mais vraiment on voit les bases du programme. Ensuite, une journée de formation, ce qu’on appelle le module 1, où ils vont travailler spécifiquement le programme, d’une manière beaucoup plus détaillée avec de la technique avancée, du coaching avancé. On va étudier les attentes des participants par rapport à ce programme. Et ensuite, 6 mois après, ils ont le choix, ou pas, de passer ce qu’on appelle un module 2 où on essaie de faire ressortir au mieux leur potentiel. On va vraiment travailler sur les outils de connexion, un peu psychologiques aussi, encore améliorer l’enseignement pour faire en sorte qu’ils soient le mieux possible au quotidien de leur club

JFF : C’est amusant. On voit ces coachs qui ont tous suivi la même formation et finalement chacun a son style, chacun transmet à sa façon

Greg Ibeknousen : Il y a une base. Le RPM reste le cours de RPM. Après chaque coach va avoir sa personnalité, ce qui fait que chaque cours va être différent. Il y en a qui vont être beaucoup dans le registre de l’entrainement, de la performance, d’autres qui vont être plutôt sur le côté fun, plutôt ludique. Mais la base doit rester la même par contre pour ne pas dénaturer le programme

JFF : Il y a une constance, c’est ce que tu veux dire. Est ce que tu vois une différence entre les coachs féminins et masculins dans leur apprentissage dans la restitution ?

Greg Ibeknousen : Dans l’apprentissage, non. Pour moi les femmes sont plus courageuses. Elles vont plus loin dans l’effort. Elles s’écoutent moins que les hommes. Même en tant que manager dans le club où je travaillais, les femmes sont plus dures au mal. Elles ont une capacité à enchaîner beaucoup plus importante que les hommes

JFF : Pourtant on a l’impression que les hommes vont loin. Pour les cours auxquels j’ai participé, ils chargent, ils se font vraiment mal

Greg Ibeknousen : Les femmes aussi et de plus en plus

JFF : Elles viennent vraiment pour s’éclater ?

Greg Ibeknousen : Elles viennent pour s’éclater, elles cherchent un moment fort. Elles viennent chercher des résultats.

JFF : Donc les coachs féminins sont également dans cet esprit là ?

Greg Ibeknousen : Oui. Complètement. Pour moi, les coachs féminins sont très performants. Sur un vélo, je ne vois pas de différences avec un homme. Peut être qu’elles mettent moins de résistance, mais en tous les cas, elles vont aller aussi loin dans l’effort

JFF : En tant que cliente, je trouve qu’un cours féminin et un cours masculin ne sont pas du tout pareil. Le prof n’apporte pas tout à fait la même chose. Mais je suis de l’autre côté du miroir

Greg Ibeknousen : Elles apportent leur côté féminin

JFF : Oui elles interprètent le cours d’une autre façon. Leur personnalité de coach féminin.

Greg Ibeknousen : Mais dans l’entrainement, je les trouve identiques aux hommes

JFF : Et lorsque tu parles avec elles, qu’est ce qu’elles veulent transmettre ? Il y a une différence dans ce qu’elles transmettent à leurs élèves ?

Greg Ibeknousen : Elles veulent montrer qu’elles sont aussi fortes que les hommes, qu’elles peuvent faire aussi bien. Parce qu’elles y arrivent vraiment très bien

JFF : Oui il y a beaucoup de coachs féminins

Greg Ibeknousen : Au club où je travaillais en tant que responsable, tous mes coachs étaient féminines, je n’avais pas un coach masculin

JFF : Beaucoup de femmes ?

Greg Ibeknousen : Beaucoup de femmes

JFF : C’est la tendance actuelle ?

Greg Ibeknousen : oui

JFF : Et comment tu l’expliques ?

Greg Ibeknousen : Que de plus en plus de femmes veulent devenir coach ?

JFF : Oui ?

Greg Ibeknousen : Parce que déjà en général c’est un métier qui donne envie. Et je pense que les femmes ont envie d’aider les femmes à devenir sportives

JFF : Elles se projettent loin dans leur carrière ? Elles veulent encadrer d’autres femmes ?

Greg Ibeknousen : Souvent elles veulent faire du coaching au féminin. C’est déjà très rare de voir une femme coacher un homme, c’est comme ça

JFF : Pour toi les femmes coachent plus facilement les femmes et les hommes les deux ?

Greg Ibeknousen : Ça pourrait être les deux. Un homme va vouloir être coaché par un homme. Pourquoi je ne sais pas car elles sont tout aussi compétentes. C’est la même formation. C’est les mêmes connaissances. Les femmes coaches encadrent souvent des femmes

JFF : C’est intéressant

Greg Ibeknousen : Souvent en groupe, en groupe de 4 à 5 femmes. C’est vraiment ce qui marche en ce moment

JFF : Et comment elles se projettent dans leur carrière ?

Greg Ibeknousen : Souvent elles vont se diriger vers du coaching au féminin ou elles vont rester dans des cours collectifs. Ce n’est pas spécialement féminin, mais un coach au début a du mal à se projeter. On pense que les débouchés sont énormes dans ce métier, alors que en fait, pas tant que ça

JFF : C’est très spécialisé ?

Greg Ibeknousen : C’est très spécialisé et c’est vrai que, au bout de vingt ans d’enseignement, le corps commence à fatiguer et on se demande « qu’est ce que je vais faire ? » Souvent soit je vais être responsable d’un club, soit je vais ouvrir mon club, soit je vais faire de la formation. Soit je vais faire du coaching privé. Donc à part cela, il n’y a pas plus de débouchés que ça

JFF : Pourtant un coach dure assez longtemps, il y a des coachs de tous âges ?

Greg Ibeknousen : La moyenne d’un coach cours collectifs c’est 2 ans, quand même. C’est très court

JFF : Ah ! oui, c’est vraiment court

Greg Ibeknousen : C’est court parce que c’est un métier qui est usant où les coachs sont obligés de faire beaucoup de cours pour gagner correctement leur vie. Donc c’est fatiguant. C’est pour cela qu’après le diplôme, ils durent 2 ans et malheureusement si on ne leur a pas donné un plan de carrière, souvent ils arrêtent, ils changent

JFF : Cela fait partie de la formation de coach de se projeter, d’avoir de nouvelles idées en permanence ?

Greg Ibeknousen : Pour moi, c’est notre rôle en tant que formateur de les aider à se projeter, de les aider à mieux vivre leur travail au quotidien. Parce que souvent on ne se rend pas compte que c’est un métier fatiguant et pas si facile que ça. C’est un métier génial, on coache les gens, on fait du sport. Mais au quotidien quand la plupart font cinq heures de cours, on va faire 30 à 40 heures de sport par semaine, parfois ça ne devient plus un plaisir. Donc il faut arriver à se projeter

JFF : Les blessures peuvent s’accumuler ?

Greg Ibeknousen : Il y a les blessures, énormément

JFF : Tu connais des coachs au féminin qui font la même chose que toi ?

Greg Ibeknousen : Oui, beaucoup

JFF : Donc vous vous côtoyez entres coachs à l’extérieur ?

Greg Ibeknousen : J’ai un réseau, des collègues et on échange beaucoup à l’extérieur. Beaucoup de femmes sont formatrices, coachs au quotidien

JFF : À quel âge on peut commencer ce métier, tôt ?

Greg Ibeknousen : De plus en plus jeune. En formation, j’ai des gamins de 17 ans ! Je trouve cela génial, à 17 ans ils savent déjà ce qu’ils veulent faire !

JFF : Alors qu’est ce qui leur donne cette envie de commencer si tôt ?

Greg Ibeknousen : Souvent ? Être coach privé, tout de suite. Ils ont vu ça à la télé, coach de star ça les fait rêver. Ils pensent qu’ils vont gagner 100 € de l’heure. Tout de suite ils veulent être coach ou préparateur physique

JFF : C’est très tendance ?

Greg Ibeknousen : C’est super tendance !

JFF : C’est efficace aussi !

Greg Ibeknousen : Oui, mais comme je leur dis, on ne devient pas préparateur physique du jour au lendemain. On ne devient pas préparateur physique au bout d’un an de formation non plus

JFF : Il y a des étapes ?

Greg Ibeknousen : Il y a des étapes. Zidane n’est pas devenu entraineur du Réal Madrid en 1 mois

JFF : Il y a le physique et le mental ?

Greg Ibeknousen : Il y a le physique, il y a le mental. Il faut se former, se former c’est de l’argent aussi. Il faut être prêt à faire beaucoup d’investissements si on veut réussir dans ce métier

JFF : Bouger comme toi, partir à l’autre bout de la France ?

Greg Ibeknousen : Bouger, voir comment cela se passe à l’étranger. Et tout va très vite. Le marché change vite. Il y a des tendances qui arrivent tout le temps, une façon de s’entrainer qui change régulièrement. Il faut voir ce qui se passe sur le marché, c’est important

JFF : Et tu vas voir où toi pour te former ? Tu te tiens informé de quels côtés ?

Greg Ibeknousen : Je lis beaucoup, je me forme beaucoup encore. J’ai des amis autour de moi qui sont aussi très callés. Des anciens sportifs pro comme Erwan, par exemple, qui ont beaucoup de connaissances. J’échange beaucoup avec les gens, je me forme encore beaucoup, je vais voir comment cela se passe à l’étranger

JFF : Oui, il y a une vraie différence ? Il y a des échanges ? Qu’est ce que tu apprends à l’étranger que tu peux rapporter sur le marché français ?

Greg Ibeknousen : Une façon de travailler. En France on a encore quelques années de retard. Par exemple aux Etats-Unis ou en Nouvelle-Zélande où je suis allé régulièrement, payer un coach ça paraît normal. Ils n’ont pas de problème avec ça. En France, payer pour avoir un coach, c’est pas encore entré dans les mœurs

JFF : Cela commence oui

Greg Ibeknousen : Cela commence, de plus en plus. Mais on n’est pas encore comme dans les clubs de Nouvelle-Zélande, il va y avoir 80 personal trainers sur un club. Sur un club à Paris, il va y avoir 5 coachs ou personal trainers

JFF : Les stars font pas mal de publicité sur ce système, avoir son coach, son entraineur pour être en forme

Greg Ibeknousen : C’est comme cela que plus en plus de personnes veulent faire ce métier. Mais ce n’est pas si facile que cela. Trouver une clientèle, se faire une clientèle, cela prend beaucoup de temps. Il m’a fallut 10 ans pour pouvoir vivre du coaching par exemple

JFF : Quels types de personnes tu as ? Des gens qui ont une carrière très remplie et n’ont pas le temps d’aller en salle de sport ?

Greg Ibeknousen : Oui, souvent c’est ça. Ou des gens qui ont du temps et vont souvent préparer un objectif. Les personnes qui me contactent veulent souvent réaliser une course et que je les aide. Ou alors des gens qui vont avoir un boulot de dingue, peu de temps pour s’entrainer. Donc ils ont peu de temps et ils veulent que ce soit efficace et que ça apporte des résultats

JFF : Donc, toi tu as une clientèle qui change beaucoup ?

Greg Ibeknousen : Oui, énormément. Je n’ai pas un type de clientèle. C’est ça qui est intéressant. J’ai aussi bien des hommes, des femmes, des sportifs, beaucoup moins sportifs, avec des objectifs de compétition, avec juste des objectifs de se sentir bien, c’est ça qui est génial.

JFF : Et pour une femme qui veut s’entrainer, qu’est ce que tu conseillerais ? Coach, salle de sport, les deux à la fois, de temps en temps ? Qu’est ce que tu conseillerais de plus adapté pour une débutante ?

 

29’16’’

Conseils pour une débutante

Greg Ibeknousen : Pour une débutante, si elle doit aller dans une salle, déjà de bien choisir sa salle. Pour moi, ce qui manque, sans généraliser, ça manque d’encadrement dans les salles

JFF : Le manque de personnel d’encadrement

Greg Ibeknousen : Le manque de personnel d’encadrement. De grosses structures, où le suivi est souvent délaissé. On va vendre des cours collectifs, un plateau de musculation, on va vendre soi-disant un programme, mais au bout du compte, souvent les personnes sont délaissées

JFF : C’est un problème d’argent souvent. Les gens ne veulent pas s’abonner à un coût trop prohibitif ?

Greg Ibeknousen : Ce n’est pas un problème d’argent car les gens sont prêts à payer à partir du moment où on va leur promettre ce qu’ils sont venus chercher

JFF : Il y a pourtant une prolifération des salles ?

Greg Ibeknousen : Enorme.

JFF : Sur Paris c’est énorme

Greg Ibeknousen : La personne qui va savoir s’entrainer seule, elle est dans un club low cost et payer 25 € par mois, c’est parfait. Par contre, la personne qui a besoin d’être encadrée et qui va payer 80 € à 90 € par mois, pour moi, on lui doit ce service là. Et souvent elle ne l’a pas. C’est pour cela que le taux de résiliation en club est énorme. Les gens vont venir un mois, au bout de deux mois on ne les revoie plus. Malheureusement

JFF : J’ai remarqué au CMG qu’il y avait beaucoup de personnes âgées et ce n’est pas le cas partout. Dans la plupart des salles de sport, la clientèle est plutôt jeune, alors que certaines salles ont fait des choix de cibler des clientèles précises. Comment est ce que tu expliques cela ?

Greg Ibeknousen : Les personnes qui sont au CMG y sont souvent depuis 10 ans. C’est l’époque Gymnase Club. Ça a été Gymnase Club, Club Med Gym et ensuite CMG. En fait ce sont des gens qui sont fidèles à leur club, souvent le club est à proximité de chez eux, donc ils ont leurs petites habitudes, ils s’y sentent bien

JFF : Il y a beaucoup de jeunes salles parisiennes qui proposent finalement peu de cours collectifs. Les gens sont-ils d’après toi surtout à la recherche de musculation ? Y a t il une différence entre la clientèle de la musculation et celle qui rechercherait des cours ? Ça se mélange ou c’est très différent ?

Greg Ibeknousen : Les cours collectifs marchent énormément. Ce qui va rapporter de l’argent à un club généraliste, c’est les cours collectifs. Certaines personnes recherchent uniquement la musculation. Tout se mélange un peu. Ce qui est sûr c‘est que les gens recherchent de plus en plus de la qualité. Ils sont prêts à payer 80€, 100€ un abonnement à partir du moment où il va y avoir de la qualité dans le choix, dans le matériel, dans les cours collectifs et le suivi des coachs

JFF : Il y a quelque chose qui est très féminin, c’est faire du sport chez soi avec des DVD ou sur internet il y a un tas de vidéos. Ce n’est pas du tout masculin, c’est vraiment féminin ?

 

36’37’’

Faire du sport chez soi

Greg Ibeknousen : Les hommes aussi. Il y a plein d’applications maintenant qui existent comme Freeletics. Il y a énormément de gens qui s’entraînent seuls maintenant parce que c’est simple, ils vont sur internet, ils vont voir des vidéos, ils vont chercher à reproduire les entrainements qu’ils voient. Les gens se disent « pourquoi j’irai payer un abonnement dans une salle alors que j’ai tout à disposition sur mon téléphone, sur mon ordinateur ? » En fait je n’ai pas spécialement besoin. A la télé avec les émissions. Donc pourquoi payer un abonnement alors que je peux l’avoir de chez moi. Est ce que ça marche ? Là c’est autre chose

JFF : Est ce qu’on ne risque pas la blessure ?

Greg Ibeknousen : Si

JFF : Si. Les mauvaises positions jamais corrigées, les erreurs

Greg Ibeknousen : Il faut avoir un minimum de pratique. Pour moi, quelqu’un qui n’a jamais fait de sport doit être un minimum encadré. Donc pour cela, il faut être entrainé par quelqu’un, pas spécialement par un coach privé, en tous cas aller dans un club et se faire encadrer quelques séances, comme il y a partout. Après, la personne qui est suffisamment autonome, qui a suffisamment d’expérience, oui, elle peut s’entrainer toute seule chez elle, sans problème

JFF : On met un peu dans le même panier coaching internet, seule devant sa télé. Il y a même des sites où on a accès à un planning de cours, il suffit de se connecter sur la plateforme à heures dites et on a un cours

Greg Ibeknousen : Complètement. Dans les clubs il y a de plus en plus de cours sur vidéos.

JFF : Oui, c’est complémentaire

Greg Ibeknousen : Les gens se mettent en face de l’écran et ils suivent un cours sans coach. C’est un marché, oui, ça fait parti du marché actuel

JFF : Ce sont des profs de la salle de sport qui s’enregistrent pendant un cours ?

Greg Ibeknousen : Ça peut être ça ou par exemple Les Millles font la même chose, ils projettent leurs cours collectifs sur un écran

 

34’40’’

Les recommandations alimentaires pour les femmes sportives au quotidien ?

JFF : Concernant la femme sportive, est ce que tu donnes des recommandations alimentaires au quotidien ? Ca fait parti de ton tôle aussi ?

Greg Ibeknousen : Ça peut faire parti de mon rôle. Souvent les gens me demandent comment manger à peu près équilibré. Donc oui, ce sont des conseils que je leur donne, soit pour perdre du poids, soit pour être plus performant dans leur activité. Après ce sont des conseils. En fait tout le monde sait comment bien manger. Souvent c’est juste une piqûre de rappel dont ils ont besoin pour pouvoir le faire. Tout le monde sait très bien qu’il ne faut pas manger de gras, pas manger trop de sucre, boire du soda, tout le monde le sait. Mais souvent les gens ont besoin soit qu’on leur dise, soit qu’on leur écrive, ça a plus d’impact

JFF : Mais on dérape facilement quand même, le coca, la viennoiserie en sortant du club de sport ?

Greg Ibeknousen : Mais de nos jours les gens mangent de mieux en mieux quand même, du bio,… Les gens sont très préoccupés par leur alimentation, manger sainement

JFF : Mais ils te posent des questions, ils sont attentifs ?

Greg Ibeknousen : Oui, ils sont attentifs

JFF : Les femmes ont plus des demandes plus précises que les hommes à ce sujet-là ? Ou bien c’est pareil ?

JFF : Non, souvent les questions qu’elles vont me poser c’est « Est-ce que ce régime marche ? » « Est ce que tel type de régime peut marcher ? ». Surtout des conseils sur tous les types de régimes qui existent maintenant qui marchent ou qui ne marchent pas…

JFF : Les coachs professionnels que tu formes, est-ce qu’ils ont également cette demande-là  ou pas ?

Greg Ibeknousen : Oui. De toutes façons il y a une partie nutrition dans leur cursus de formation, basic, mais avec les bases de l’alimentation et comment s’alimenter correctement dans l’activité sportive

JFF : Tu différencies les âges, le type de sport ? Est-ce que quelqu’un qui veut se préparer pour un triathlon, tu vas lui donner des conseils plus spécifiques ?

Greg Ibeknousen : Oui. L’alimentation va être différente. Le besoin calorique va être plus important vu la dépense énergétique qui va être énorme sur ce genre d’épreuve, comparé à quelqu’un qui va juste vouloir prendre du muscle et qui va avoir une activité physique complètement différente

JFF : Et dans ton club à venir, celui que tu vas ouvrir, tu penses qu’il y aura des demandes ?

Greg Ibeknousen : Oui. Les gens vont venir dans un but j’espère, global et dans un but d’avoir une vie plus saine. Pour moi le sport c’est ça, avoir une vie saine. Le sport doit permettre aux gens de se sentir mieux dans leur quotidien, dans leur travail, dans leur vie de famille. Pas spécialement le côté esthétique, qui est important. Pour moi le sport doit permettre de se sentir bien dans ses habitudes et son quotidien

JFF : C’est un tout, un mode de vie

Greg Ibeknousen : C’est un mode de vie. Pour moi le sport doit faire parti du mode de vie

 

37’40’’

Le RPM

JFF : On va reparler un petit peu du RPM. Alors à qui s’adresse le RPM ? C’est pour quoi ?

Greg Ibeknousen : Pour tout le monde. C’est ça qui est super intéressant dans ce cours là, c’est là où moi je m’amuse parce qu’en fait, on retrouve différents publics : des gens extrêmement sportifs, des gens qui viennent juste pour se défouler, des gens débutants, qui viennent parce qu’ils veulent perdre du poids aussi souvent, des gens qui sortent de blessure. C’est ça qui est intéressant avec ce cours là, c’est que, tout le monde peut s’y retrouver en tous cas

JFF : C’est un complément à un autre sport ?

Greg Ibeknousen : Ça peut être un complément à un autre sport, ça peut être un complément souvent à des personnes qui font de la musculation, qui vont avoir besoin de faire du cardio, mais aller courir sur un tapis ou se mettre sur un vélo tout seul, ils trouvent ça ennuyeux, donc ils vont venir sur ce cours là. Parce qu’ils vont être encadrés, il va y avoir de la musique, il va y avoir d’autres personnes. De plus en plus, on a des gens qui pratiquent une activité physique à l’extérieur et qui viennent rechercher un effet bénéfique. Le RPM va leur permettre d’augmenter leur potentiel. Donc pour moi, c’est le cours idéal

JFF : Donc cela permet d’augmenter le métabolisme, ses performances physiques, cardiaques ?

Greg Ibeknousen : Ils gagnent en force, cardio vasculaires, perdre du poids

JFF : Et quelle que soit la saison on peut pédaler ! Quelle que soit la météo…

Greg Ibeknousen : Souvent les cyclistes on les voit de novembre jusqu’à février parce qu’ils ne peuvent pas s’entrainer à l’extérieur

JFF : Alors tu dis que tu connais le RPM depuis 2001, est-ce que tu as vu des évolutions flagrantes, notoires, importantes ?

 

39’31

L’évolution du RPM depuis 2001

Greg Ibeknousen : Sur le programme oui. Le programme quand il est sorti, il était beaucoup plus basé sur des efforts longs, pédaler à un rythme régulier avec une résistance régulière alors que maintenant on est vraiment basé sur un travail d’interval training. On va alterner des phases intenses, voire parfois très intenses avec des phases de récupération

JFF : Maintenant il y a même du RPM 3D, le Trip qui est à ses débuts en France mais c’est assez amusant comme sport

Greg Ibeknousen : Qui est à ses débuts… oui ça fait maintenant deux ans. Le programme arrive vraiment à maturité maintenant. Je pense qu’il y a un avenir. L’objectif de ce cours là c’est justement d’attirer la clientèle Y, les jeunes, fans de jeux vidéos, toujours connectés. Le but c’est d’attirer ces gens-là, les jeunes, à la base. Je pense qu’il y a un avenir, réellement. La barrière qu’il peut y avoir encore actuellement, c’est que cela a un coût financier pour les clubs et en terme d’installations. Mais on va arriver de plus en plus sur ce genre d’activités

JFF : Est ce qu’on peut imaginer utiliser les salles de RPM avec de grands écrans pour d’autres sports ?

Greg Ibeknousen : Je pense que l’avenir c’est le cours collectif connecté avec un support visuel

JFF : Parce qu’en réalité on fait beaucoup d’efforts sans s’en apercevoir, tellement on s’amuse

Greg Ibeknousen : En fait, les gens ne voient pas le temps passer, ils sont immergés dans le visuel et ne se rendent pas compte qu’ils travaillent beaucoup plus dur que ce qu’ils pourraient faire en RPM

JFF : Quelle est la position du coach ? Car du coup on ne le regarde plus du tout

Greg Ibeknousen : Le coach est enseigné dos aux gens. En fait, l’objectif, l’esprit c’est « je vais rouler avec mes amis, avec mes potes ». On est tous en groupe et je me retourne de temps en temps pour coacher, voir comment ça se passe, motiver. C’est complètement une manière d’enseigner qui est différente. En fait, l’objectif c’est d’immerger les gens dans le visuel

JFF : Les plonger dans un film et on se lance

Greg Ibeknousen : C’est pour cela qu’on ne va pas beaucoup parler, on va coacher juste ce qu’il y a à coacher et vraiment faire vivre l’expérience du visuel et de la musique

JFF : Quelles différences entre RPM, cycling et spining ? Parce que d’un club à l’autre on retrouve ces appellations, ce n’est pas forcément clair

 

42’05

RPM, cycling, spining, petites explications

Greg Ibeknousen : Le RPM, déjà, c’est un programme qui est pré chorégraphié. Tous les trois mois l’entrainement va changer. Donc il y a un nouveau contenu d’entrainement, il y a de la nouvelle musique et logiquement la personne qui fait RPM dans tel club, si elle va dans un autre club, elle va retrouver exactement le même cours

Le cycling, qui est très tendance en ce moment, est vraiment basé plus sur le côté fun. Je pédale pour m’amuser. On va faire des haltères sur le vélo, on va faire des pompes sur le guidon, pédaler à l’envers, pédaler sur une jambe. Le coach est complètement libre de son entrainement

Le spining, qui existe de moins en moins quand même ou qui marche vraiment en Belgique, en Suisse ou en Allemagne. On est sur un cours où on va énormément travailler sur la fréquence cardiaque, souvent, dans des zones cibles et dans un univers un peu spirituel. Ce sont des cours qui se font avec des bougies

JFF : Sympa !

Greg Ibeknousen : Avec des musiques un peu particulières. Mais qui est très peu implanté en France, le spining. Ça a marché dans les années 1980, énormément, maintenant en France il n’y en quasiment plus. Par contre le cycling revient vraiment très, très fort

JFF : Et toi qui voyage, quel avenir tu vois au RPM, les grandes tendances ? On a parlé du Trip, tu vois une évolution se profiler ?

Greg Ibeknousen : Le cours de vélo en salle, donc le cycling, le RPM va devenir le cours phare qui va le plus marcher dans les clubs. Pourquoi ? Parce que c’est simple, que tout le monde peut y arriver. Que c’est intense, que les gens transpirent énormément et qu’il y a un peu un effet euphorisant et un peu cet esprit communautaire où les gens se retrouvent et pédalent ensemble. C’est ce qu’ils recherchent maintenant, cet esprit de communauté. Comme le cross fit. Les gens ont besoin de se retrouver et de faire du sport ensemble

JFF : Passer un bon moment où on s’amuse bien. Après il y a des sous thématiques qui se sont dégagées comme le sprint. On a l’impression qu’on a pris le RPM et dégagé une section rapide et on en a fait un cours à part entière ?

Greg Ibeknousen : En fait, la différence, c’est l’état d’esprit du RPM : on roule ensemble en peloton sur différents parcours. On va s’appuyer sur des images cyclistes où on pédale à l’extérieur. Le sprint, la différence c’est que le vélo reste un outil d’entrainement comme je pourrais utiliser un tapis de course ou une balle. Le vélo va me permettre de travailler sous forme de haute intensité. En fait le sprint est un cours qui va durer 30 minutes, on va avoir 5 minutes d’échauffement accéléré ensuite ça va vraiment être 20 min d’entraînement à haute intensité. On va travailler sur du sprint, sur de la puissance et de la force, tout simplement

JFF : Et quels résultats on peut espérer si on pratique tous ces différents cours et à quels rythmes ? Quels résultats on peut attendre ?

Greg Ibeknousen : Perdre du poids

JFF : Oui, c’est efficace ?

Greg Ibeknousen : Oui, c’est efficace ! Se muscler et surtout être capable de pratiquement régulièrement. Vu qu’il n’y a pas d’impact, il est quasiment impossible de se blesser sur un vélo

JFF : On muscle aussi bien le haut que le bas ?

Greg Ibeknousen : Aussi bien le haut que le bas. L’air de rien les gens pensent qu’ils vont juste se muscler les jambes, alors que les abdos travaillent énormément, que le haut du corps aussi travaille aussi énormément. C’est vraiment un entrainement global

JFF : Donc on arrive avec sa bouteille d’eau, ses chaussures adaptées ou pas ?

Greg Ibeknousen : Ou pas ! L’idéal c’est d’en avoir, d’avoir des pédales automatiques pour vraiment travailler l’ensemble des muscles de la jambe ou on peut faire aussi en basket, bouteille, d’eau serviette

JFF : Et comment peut-on s’améliorer en RPM, progresser ? Si les gens viennent des années, qu’est ce qu’ils attendent ?

Greg Ibeknousen : Ce qui est intéressant maintenant c’est que, de plus en plus de vélos sont connectés. On peut avoir les données soit sur le vélo, soit directement sur son téléphone avec certaines applications. On voit par exemple, la puissance que l’on développe, le nombre de tours avec les jambes que l’on fait. Donc l’idéal c’est de s’appuyer sur ces données-là et de faire en sorte à chaque fois d’aller un peu plus loin. La clé de la réussite c’est la résistance que l’on va utiliser

JFF : J’ai vu également qu’il y avait une nouveauté : certains cours avec un panneau d’affichage où chacun peut voir sa puissance. Du coup ça change peut être la relation entre les gens de voir que le voisin fait mieux ?

Greg Ibeknousen : Ça apporte un côté ludique. Souvent on peut voir les données en terme de fréquences cardiaques, de puissance ou même, parfois c’est sous forme de parcours, on voit des sortes de petits bonhommes qui pédalent ensemble. Donc on accélère, on passe devant. Donc ça apporte un côté ludique, un peu de compétition mais très bon enfant entre les gens

JFF : Toujours la bonne ambiance !

Greg Ibeknousen : Et surtout cela permet d’avoir un entrainement qu’on va plus cibler, plus efficace. Donc au moins on peut voir si on travaille dans la bonne zone ou pas

JFF : Le coach s’appuie dessus ou chacun est libre de gérer ?

Greg Ibeknousen : Le coach s’appuie dessus. Soit le coach peut s’appuyer dessus, soit les gens regardent de temps en temps, mais l’idéal c’est de s’appuyer dessus

JFF : Alors une question : est-ce que d’un cours sur l’autre on peut retrouver ses données, sur un compte, on enregistre ses données ?

Greg Ibeknousen : En fait, il y a différents systèmes qui existent. Le plus abouti et le plus ludique pour moi c’est le système Polar qui a créé une super application pour les clubs qui est très simple à mettre en place : un écran, on met le cardiofréquencemètre, les gens voient leurs données et à la fin de la séance, c’est transféré sur leur compte

JFF : C’est tout simple. Ça permet de progresser

Greg Ibeknousen : Ça permet de progresser, ça permet de voir si on est fatigué ou pas, si on a bien travaillé ou moins bien que la dernière fois et ça apporte un côte ludique

JFF : Et qu’est qu’on peut se donner comme objectifs à long terme quand on accroche vraiment avec le RPM ?

Greg Ibeknousen : Plus de séances : peut être pas…. L’idéal pour moi c’est, si on ne fait que ça, 3 cours par semaine, c’est bien. Les gens vont basculer sur un sport en fait. Ça va leur donner envie de faire du vélo par exemple, ça va leur donner envie d’aller courir à l’extérieur et c’est souvent ce qui se passe maintenant. Ça donne aux gens le goût de l’effort et se tester sur une disciple

JFF : S’apercevoir que finalement c’est faisable, qu’ils sont bons. Il y a des amitiés qui se créent en groupes de vélo. Les gens se mettent par binômes ?

Greg Ibeknousen : Énormément. Par rapport à mon expérience, pour moi, le studio vélo est l’endroit dans un club où il se passe quelque chose, où les gens se parlent. Souvent maintenant dans les clubs, tout le monde est avec sa musique, tout le monde est avec son téléphone et un peu dans sa bulle. Justement, l’endroit où les gens se parlent vraiment et se retrouvent, c’est là

JFF : On est côté à côté finalement pendant 1heure

Greg Ibeknousen : On se retrouve régulièrement. Souvent c’est une clientèle très fidèle. Les gens qui font ce style de cours ne font que ça

JFF : Ils on leurs places

Greg Ibeknousen : Oui, ils ont leur place, ils ont leur vélo et ne pratiquent que cette activité. C’est vrai qu’il se créé beaucoup de liens

JFF : Des grands noms du RPM ? Français ou étrangers également. Des références ?

Greg Ibeknousen : Oui il y en a pas mal. En France, mes collègues. Mes collègues formateurs sont de très bons coachs. Sur Paris il y en a quelques uns, qui ne sont pas très connus. Des gens comme Maureen, Jean-Philippe qui travaillent à l’Aquaboulevard de Paris. L’Aquaboulevard a vraiment une très bonne équipe de coach en RPM. Et après Front de seine, qui est un club dans le 15e qui a vraiment une équipe de coach très solide

JFF : Formée où pour le coup ?

Greg Ibeknousen : Formés souvent en interne. C’est des clubs qui misent énormément sur la formation, naturellement les coachs sont bons

JFF : Donc vous vous croisez à quelles occasions ?

Greg Ibeknousen : On se croise régulièrement, souvent tous les trois mois. En fait, il y a une réunion, ce qu’on appelle les trimestrielle où les formateurs, comme moi, présentent les nouvelles éditions aux coachs. C’est sur une journée et souvent on se retrouve là. Une forme de convention

JFF : Donc vous vous retrouvez entre collègues ?

Greg Ibeknousen : On se retrouve avec les nouvelles éditions. Souvent il y a des work shop avec les points importants, les dernières données sur le programme

JFF : Et les coach qui ne feraient pas partie du programme les Milles viennent aussi faire ces formations ?

Greg Ibeknousen : Ils peuvent. Ils ont le choix. Soit le coach paie sa formation, soit c’est le club qui va payer la formation. Et c’est vraiment accessible à n’importe quel coach

 

51’49’’

L’avenir du RPM en France ?

JFF : Comment tu vois l’avenir de ce sport en France ? Tu penses qu’il va y avoir de plus en plus d’adepte ?

Greg Ibeknousen : Je pense qu’il y aura de plus en plus de studios vélo en France.

JFF : Et le studio vélo dans l’eau ?

Greg Ibeknousen : C’est bien, ça cartonne. Ça marche extrêmement bien

JFF : C’est RPM également, RPM dans l’eau ?

Greg Ibeknousen : C’est une forme de RPM dans l’eau

JFF : L’équipement n’est pas tout à fait le même ?

Greg Ibeknousen : L’équipement, c’est des vélos qui sont différents mais ça marche très bien, c’est efficace. C’est pareil, c’est dans l’eau, c’est porté, il n’y a pas d’impacts, c’est l’idéal. Le sport aquatique et le vélo sont pour moi des sports idéaux pour une reprise soit pour quelqu’un qui veut gagner physiquement

JFF : Il y a le RPM à la maison aussi, c’est tout à fait possible de s’acheter un vélo et de faire du RPM à la maison ?

Greg Ibeknousen : Après il faut être motivé, tout seul. Mais on peut le faire. C’est un cours qu’on peut faire n’importe où, soit dans un cours soit à la maison, même à l’extérieur, on peut mettre sa musique et s’entrainer de la même manière. Mais pour moi le vélo est l’activité qui va de plus en plus marcher dans les années à venir

JFF : Très bien. On arrive au bout de notre questionnaire. Merci beaucoup Greg, c’était très intéressant !

 

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Julie

 

 

 

 

 

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